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Ritchie Dagonia
Mon répertoire, tel qu'il est

Ritchie Dagonia : les ouvertures que je joue, avec les blancs et avec les noirs

Je suis Ritchie Dagonia, joueur d'échecs amateur à Bruxelles, et voici mon répertoire d'ouvertures sans maquillage : quatre systèmes, pas un de plus, choisis pour être compris plutôt que récités. Pour chacun, l'idée générale, ce qui me plaît, et l'erreur que je commets encore.

Avec les blancs

Avec les blancs, je veux un centre sain et des pièces qui sortent vite. Je n'ai ni la mémoire ni l'envie de retenir vingt coups de théorie tranchante, alors je joue deux ouvertures dont les plans se comprennent avec un peu de bon sens.

La partie italienne

1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. Fc4

L'idée
Le fou vient regarder f7, la case la plus fragile des noirs, mais sans se ruer dessus. Je joue c3 et d3, je roque, je mets une tour en e1, et je garde d4 en réserve pour le moment où les noirs ne seront pas prêts. C'est une ouverture de patience qui se joue lentement, et qui explose tard.
Pourquoi je l'aime
Les positions sont lisibles. On voit le plan à l'œil nu, les pièces ont chacune leur place naturelle, et la partie ressemble à une vraie partie d'échecs dès le dixième coup. Pour quelqu'un qui calcule court, une structure qui reste calme est un cadeau.
Mon erreur typique
Pousser d4 trop tôt, parce que je m'impatiente, ou tenter Cg5 en rêvant d'un mat sur f7 qui n'existe pas. Et oublier le petit coup h3, ce qui me vaut régulièrement un clouage désagréable en g4.

La londonienne

1. d4 d5 2. Ff4 (ou 1. d4 Cf6 2. Ff4)

L'idée
Un même schéma presque quoi que fassent les noirs : d4, Ff4, e3, c3, Fd3, Cbd2, puis le roque. Le fou sort avant que la chaîne de pions ne l'enferme, et le plan se dirige vers l'aile roi, cavalier en e5, parfois une poussée de pion h.
Pourquoi je l'aime
Elle me rassure. Les soirs où je manque d'énergie, elle me donne une position solide où je ne peux pas me faire massacrer en douze coups. Je sais que c'est une raison un peu paresseuse, mais c'est une raison honnête.
Mon erreur typique
Jouer en pilote automatique. Les noirs jouent c5 et Db6 pour attaquer le pion b2, et moi je continue mon schéma comme si de rien n'était. Elle m'apprend, partie après partie, que « toujours les mêmes coups » n'a jamais voulu dire « sans réfléchir ».

Avec les noirs

Avec les noirs, je choisis des défenses solides contre 1. e4, deux au lieu d'une, parce que j'aime avoir le choix en fonction de mon humeur et de mon adversaire. Contre 1. d4, je réponds d5 puis e6, dans une structure qui ressemble beaucoup à ma défense française, ce qui limite ce que j'ai à retenir.

La défense Caro-Kann

1. e4 c6 2. d4 d5

L'idée
Contester le centre avec d5 tout en gardant la diagonale ouverte pour le fou de c8, qui peut sortir en f5 ou en g4 avant de fermer la porte avec e6. La structure de pions reste saine, et les finales qui en découlent sont souvent agréables pour les noirs.
Pourquoi je l'aime
Pas de tactique folle au sixième coup, pas de sacrifice à connaître par cœur. Elle m'emmène vers des parties longues où celui qui comprend mieux la position finit par gagner, et c'est exactement le terrain sur lequel je veux progresser.
Mon erreur typique
La passivité. Je joue mes coups solides, je laisse les blancs tout faire, et je m'étonne d'être écrasé lentement. Dans la variante où les blancs poussent e5, mon fou en f5 se fait encore chasser par h4 et g4 plus souvent que je ne voudrais l'admettre.

La défense française

1. e4 e6 2. d4 d5

L'idée
Accepter une position fermée, avec une chaîne de pions blanche sur d4 et e5, puis l'attaquer à sa base avec c5, et plus tard f6. Le fou de c8 est mauvais, tout le monde le sait, mais il est patient : il finit par vivre en a6 ou en d7, ou par s'échanger au bon moment.
Pourquoi je l'aime
C'est mon autre visage. Là où la Caro-Kann est prudente, la française est têtue. Les parties sont longues et fermées, le plan compte plus que le calcul de variantes, et je peux me battre pour le gain même contre quelqu'un de plus fort.
Mon erreur typique
Ouvrir le jeu trop tôt par impatience, ce qui libère le centre blanc au pire moment. Et roquer sur l'aile roi sans vérifier ce que préparent le fou et la dame en face. La française punit celui qui joue sans plan, et c'est précisément pour ça que je la garde.

Un répertoire, ça s'entretient

Je ne cherche pas à changer d'ouvertures tous les mois. Quand je perds dans une de ces quatre, je commence par regarder si j'ai appliqué le plan avant d'accuser l'ouverture. Neuf fois sur dix, le problème vient du coup 15, pas du coup 3. Quand une même variante me fait souffrir plusieurs fois, je la pose sur l'échiquier un dimanche, je rejoue les coups lentement, et j'écris dans mon cahier ce que je veux jouer la prochaine fois.

Mon prochain chantier : apprendre à tenir la variante d'avance de la Caro-Kann sans finir avec un fou enfermé. Si ça vous parle, la porte est ouverte pour une partie.